Les chroniques de Marie

Rencontre avec un Syrien dans la baie de Lancieux

Ossama est un jeune Syrien rencontré lors d'une ballade dans la baie de Lancieux avec des amis. Malgré une situation difficile, c'est son sourire, sa gentillesse et sa spontanéité qui frappe en premier chez lui. Comment ne pas se reconnaître face à ses balbutiements avec une nouvelle langue étrangère, une nouvelle culture quand on a aussi déjà voyagé ? Invité par la suite à manger une galette bretonne à la maison puis à faire du vélo et quelques activités culturelles rennaises avec des amis, un interview sur son parcours me semblait intéressant pour les lecteurs et lectrices de Zen et Zolie! De retour de Nouvelle Zélande, et actuellement en intégration en Haute Savoie (près du magnifique lac d'Annecy) le voyage continue aussi grâce à lui. Par la suite vous allez lire un résumé de notre interview parlant de sa situation, sa vision des femmes, de la culture française et plus encore ! Etant difficile de retranscrire ici exactement ses paroles, c'est une reformulation au plus près ce qu'il a pu dire et bien voulu gentillement nous répondre:

Ossama est un jeune Syrien rencontré lors d’une ballade dans la baie de Lancieux avec des amis. Malgré une situation difficile, c’est son sourire, sa gentillesse et sa spontanéité qui frappe en premier chez lui.

Comment ne pas se reconnaître face à ses balbutiements avec une nouvelle langue étrangère, une nouvelle culture quand on a aussi déjà voyagé ? Invité par la suite à manger une galette bretonne à la maison puis à faire du vélo et quelques activités culturelles rennaises avec des amis, un interview sur son parcours me semblait intéressant pour les lecteurs et lectrices de Zen et Zolie! De retour de Nouvelle Zélande, et actuellement en intégration en Haute Savoie (près du magnifique lac d’Annecy) le voyage continue aussi grâce à lui. Par la suite vous allez lire un résumé de notre interview parlant de sa situation, sa vision des femmes, de la culture française et plus encore ! Etant difficile de retranscrire ici exactement ses paroles, c’est une reformulation au plus près ce qu’il a pu dire et bien voulu gentillement nous répondre:

« Je m’appelle Ossama. Je suis Syrien , arrivé en France il y a moins d’un an. Je suis passé par l’Allemagne. Je suis resté 8 mois chez mon frère, j’ai fait un stage en Allemagne. Je viens de Damas. Je suis passé par la Turquie, la Grèce, la Serbie, la Hongrie et l’Allemagne. Je suis parti de Syrie le 8.8 (8 août). J’ai oublié l’année. Je pense que cela fait 2 ans. J’ai fini mes études de droit. Je travaillais comme avocat depuis 6/8 mois. J’habite à Rennes, avec une famille française que j’ai rencontré via une association:  » Tous pour la Syrie ». L’association aide les réfugiés dans les démarches administratives et permet de rencontrer la communauté française. Il y a des échanges de langues Francais/Arabe et des activités telles qu’un jardin partagé. J’espère travailler comme avocat. Le droit en Syrie est proche du droit français. C’est une des raisons pour lesquelles je suis là (et pas en Allemagne). Je dois avoir le niveau de langue pour cela, j’ai le niveau B1 aujourd’hui. Le CIREFE (Centre International Rennais d’Etudes de Francais pour Etrangers) m’aide en langue par des cours. Pour une majorité de réfugiés politiques, c’est gratuit. Le contact avec les Allemands étaient différents je trouve. En Allemagne j’ai appris un peu l’Allemand (niveau A2) mais j’ai du mal avec l’allemand. J’ai eu beaucoup de démarches administratives en France, beaucoup… qui m’ont fait beaucoup progresser et permis de rentrer en contact avec les français. J’ai du expliqué mon parcours. J’ai fait un stage en anglais avec un avocat allemand en Allemagne.

Je préfère les crêpes sucrées

Normalement je ne cuisine pas. Ma femme, ma mère cuisinent. Ici je suis obligé car personne ne cuisine pour moi (rires). Normalement les hommes travaillent en Syrie et comme les femmes ne travaillent pas , elles cuisinent. Ici c’est bien les 2 travaillent et .. cuisinent !

Comme si on se connaissait depuis longtemps

Les Françaises, les femmes, je les trouve « welcoming » (accueillante) je trouve que c’est un peu comme avec ma soeur, elles parlent facilement « easycoming » (easygoing) comme si on se connaissait depuis longtemps. Pas de réserve, je trouve ça mieux en France, plus direct, plus simple. En Syrie c’est compliqué. Les Francais je les trouve comme ma famille, j’habite avec une famille française et je me sens comme avec mes parents, je me sens bien. Elle (la femme du couple d’accueil) me demande si ça va, si je suis malade. Il y a beaucoup d’humilité, de gentillesse et de politesse. J’ai beaucoup de chance d’avoir rencontré ce couple. Je me sens bien avec les Français en général. Moins en Allemagne. J’ai rencontré beaucoup de monde, très gentil, modeste, simple. Je ne trouve pas les français arrogants. J’ai rencontré des gens riches et simples.

Oui, on est un peu quelqu’un d’autre

C’est parler la langue arabe qui me manque le plus. Je m’exprime toujours trop simplement ici. C’est très frustrant. On est un peu quelqu’un d’autre. Une majorité de Syriens que je connais ne parle pas français .

J’aime bien la manière dont les français vivent, comment les hommes et les femmes se parlent. Par exemple je faisais du fitness là-bas et je ne pouvais pas porter un marcel. C’est mal vu de porter un marcel là -bas. Ici c’est normal. J’aime bien la liberté qu’il y a en France comme dans la rue. J’aime avoir les cheveux longs. En Syrie ça ne se fait pas, spécialement quand tu es avocat !

Peut-être va-t-elle venir et alors j’apprendrai à la connaître

Un de mes rêves : travailler comme avocat. J’aimerais vivre avec mes parents. Apprendre à bien parler français. En Syrie tes parents ne sont jamais très loin. Je suis marié. Je connais peu ma femme car nous nous sommes mariés trois mois avant de partir. C’était un mariage arrangé .. par ma mère ! Je sais j’oublie de l’inclure dans mon rêve. Peut être va-t-elle venir et alors j’apprendrai à la connaître.

Je parle via Whatsapp avec ma famille. Je suis les événements, la guerre en Syrie. Sur Facebook j’ai 200 amis dont la moitié sont partis. J’ai deux facebook dorénavant, c’est plus simple. Ma vie était en danger et je n’étais pas libre. Je suis parti sans rien planifier, sans papiers ni certificat de travail. Mes parents m’ont envoyé mes papiers après. C’était très dangeureux, illégal de fuir la Syrie. J’ai donné beaucoup d’argent pour passer par le Liban. J’ai mis un mois pour venir en Allemagne. Maintenant j’ai le statut de réfugié politique pour une période de dix ans.

Je veux pas retourner en Syrie. La situation est un peu la même au Liban en Irak: plus de radicaux après le départ du gouvernement, la vengeance. Toutes les personnes se battent. Je peux pas y retourner pour l’instant. Il va falloir beaucoup de temps.

Je préfère dire que je m’appelle Ossam plutôt qu’ Ossama ! C’est un peu dur. Si un arabe fait une bêtise, je me sens coupable et j’ai honte.

Ossama va se préparer pour son fitness du soir quotidien… « Après ma séance, je ne suis plus stréssé et je dors plus paisiblement ».

Son parcours, sa personnalité n’est il pas une leçon d’humilité, de courage, de persévérance ? Comment ne pas être heureuse d’avoir un ami Syrien, musulman, avocat aux cheveux longs, optimiste et résilient ?! Ça fait du bien de savoir qu’il y a des familles qui dans l’ombre, ouvrent leurs portes aux étrangers au final si différents et proches de nous à la fois ! Je est un autre ..

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