Culture

Ça faisait longtemps…

Pendant trois jours, la ville de Saint-Pierre a vibré au rythme effréné du Sakifo Music Festival. Des soirées étoilées, une température idéale, un public au rendez-vous, des moments de grâce et des concerts mémorables. En témoignent les clichés signés Bouftang pour Zen et Zolie (à voir ici). Emprunts d’émotions, de joie de vivre, du plaisir d’être ensemble, d’amour de la musique pour les uns et pour les autres, du bonheur de se retrouver sur scène face à un public désormais mystique pour les artistes de passage dans notre île. Des arrêts sur image pour un festival qui semble avoir retrouvé, ce je ne sais quoi que l’on croyait avoir perdu. Un vent de jeunesse a soufflé sur le Sakifo 2016. Et ça fait du bien.

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Photo : Bouftang

Cette année, peut-être pour la première fois depuis les adieux du festival à la ville de Saint-Leu (au risque de passer pour des vieux schnocks nostalgiques cf l’humeur de Manzi dans l’Azenda), il s’est passé quelque chose dans la Ravine Blanche saint-pierroise. Une édition qui arbore le chiffre 13, ça porte chance faut croire.
Peut-être est-ce parce que tous les éléments étaient enfin réunis pour que tout se passe bien. Peut-être est-ce parce que l’on a adoré la programmation artistique. Certainement parce que, comme prévu, on est allé au Sakifo pour voir un artiste que l’on adore et que, comme prévu, on en est reparti ayant adoré des artistes que l’on a découverts. Et puis, ce signe de rockeux symbole d’un état d’esprit… Sakifuck ? Ça aussi, ça a peut-être donné le changement de ton… Moins bling-bling. Moins commercial. C’était Sakifo. Enfin !
Laurène Mazier

 

L’électrisante Jeanne Added

« Ça s’appelle ‘Ready’, c’est une chanson d’amour, je m’appelle Jeanne Added. » Et voilà le public enlevé dans une intense étreinte sonore, ce samedi soir à la Poudrière. À l’œuvre, une frêle silhouette toute de noir vêtue. Deux bras très blancs, un visage pâle aux cheveux courts et blonds, se détachent de ce tableau aux couleurs froides. S’en échappe un flow sidérant, chant d’amour aussi brutal que touchant.

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Photo : Bouftang

Une batterie et un clavier escortent l’ancienne jazziste, dont le premier disque « Be sensationnal », sorti en 2015, accumule les distinctions. Aux attendus ‘Look à them’, ‘A war is coming’, les épidermes se hérissent. « Lydia », interminable transe, achève d’électriser les sens. « Elle a l’air si amoureuse », murmure une trentenaire submergée. À ses côtés, un homme croit plonger dans une œuvre de Soulage, le peintre du noir-lumière. C’est déjà la fin, et l’on repart perclus et rempli, mis KO par cette ombre, qu’on entreverra dansant furieusement derrière la scène d’Acid Arab quelques heures plus tard. Intense Jeanne Added, et humble au moment de quitter le micro: « Merci à tous. Vive la musique. » Merci à elle.
M’Road

 

Sakifo être VIP-pi…

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Photo : Bouftang

Le nouveau directeur du Sakifo nous avait promis moins d’attente à la billetterie, moins d’attente aux caisses, moins d’attente aux toilettes…
Alors même si Alexandre Dany-Ruinet a affirmé qu’il plaçait le bien-être du festivalier au cœur de ses préoccupations (et on l’en remercie), même s’il nous a promis à nous Mesdames des moments pipi plus confortables grâce aux 4 000 € engagés dans les nouveaux toilettes et le tout à l’égout, même s’il a doublé le nombre de caissières, mis en place l’astucieux CashLess (un bracelet connecté à votre porte monnaie)… Et bien, ça n’aura pas suffit.
Une fois encore, le festival sera marqué au fer rouge de son maître mot : l’attente.

Le Sakifo restera-t-il donc voué à mettre à mal la patience de ses festivaliers ?

En fait, il y a une solution. Elle nous a sauté aux yeux… C’est la révélation. La théorie du complot ? Une manipulation commerciale ? En clair, si tu veux passer un Sakifo sans perdre la moitié de ton temps à faire la queue à tous les étages : achète un pass VIP !

50 € la soirée de concerts au lieu de 30 €. 105 € les trois jours au lieu de 75… Ça fait mal aux fesses mais il faut pas se mentir : ça change tout.

Tu entres sans faire la queue via un accès spécialement pour toi petit VIP. Tu peux d’ailleurs sortir et entrer à ta guise pendant le festival grâce à ton bracelet VIP-in. Tu as envie d’une mousse, mais tu n’as pas envie de faire la queue au bar et encore moins à la caisse pour racheter des jetons ou renflouer ton CashLess ? T’inquiète petit VIP, ton bar VIP accepte le cash et même les cartes de crédit. Une envie pressante entre deux concerts, pas de panique, tu es VIP-pi. Hop une petite halte au VIP-pi room et c’est reparti, tu n’as même pas perdu tes potes en chemin. 3 minutes en main, ils t’ont attendu. miracle !
Alors voilà, un festival c’est comme en société.
Les moyens de payer tu as, un festival fluide tu passeras. À l’année prochaine.

Laurène Mazier 

 

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