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Expérience : J’ai passé une heure dans la peau d’un enfant

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« J’veux un skateboaaaaaaaaaaar ! » Les yeux hagards de mon pote cherchent une issue de secours. A-t-il cru à une blague quand je lui ai demandé de me baby-sitter ? Oui. Grossière erreur. Voilà une heure que mon corps de 27 ans imite celui de Téo, 21 ans de moins.

Par M.Road
L’impression de tenter de suivre un prof de zumba sous cocaïne. Où puise-t-il cette énergie ? Sur le chemin de la plage, accompli en sautillant, mon petit camarade a repéré des planches à roulettes. Il les désire, les réclame… Donc moi aussi. C’est vrai qu’elles donnent envie. Notre nounou nous fait sortir du magasin fissa fissa, gêné.

« J’veux un skateboaaaaaaaaaaaard ! »

Jouissif. Brailler en se roulant dans le sable c’est jouissif. À condition de faire abstraction des regards réprobateurs des plagistes. Téo n’en a cure. Je le soupçonne d’abriter une âme d’indignée. À notre gardien, lui expliquant qu’il n’a pas l’argent pour acheter l’objet de ses désirs, l’enfant rétorque d’aller se servir à la banque. « T’as qu’à retirer des sous au gabier. Il y en a plein de l’argent, là-bas. » Il en reste coi. Je chouine sans vergogne. Notre baby-sitter hésite entre la noyade et l’étranglement. Il choisit de nous envoyer faire des châteaux de sable. Une fois loin, Téo propose de partir à l’autre bout de la plage « vérifier s’il y a des poissons dans les rochers ».
Le genre d’excursion qu’adulte, j’esquive par un autoritaire « c’est trop loin », ou en dealant une glace. Mais aujourd’hui, j’ai six ans et je cavale avec Téo sans me poser de question. Par contre, aux autres… Les pourquoi fusent, sur tout et surtout n’importe quoi. À voix haute et accroupis, nous commentons les dessins sur les cailloux, les oursins planqués, les flaques de vagues. Tout est sujet à observation. Nous voici de retour à la cabane de tissus confectionnée sous les filaos. C’est bancal et c’est beau. Il faut la ranger. C’est chiant. Et pas moyen d’esquiver. Notre baby-sitter de choc nous a à l’oeil. Je crois qu’il commence à prendre goût à son rôle. Mais voilà que l’heure s’achève. Fin de l’expérience. J’ai l’impression d’avoir une journée derrière moi, remplie de sport, d’exploration et de questions. Et tout ce dont j’ai envie, c’est d’une sieste. Et d’un skateboard.

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