Tu veux qu'on en parle ?

Île de la désunion… Bienvenue à La Réunion !

Que l’on y croit ou pas, c’est un fait. Lorsque vous débarquez en couple à La Réunion, on vous balance une phrase dans la face : « Fais gaffe, tu sais ce qu’on raconte … c’est l’île de la désunion ! ».

Tout le monde y a droit. Enquête au cœur de ces couples en proie à un mythe qui pour nombre d’entre-eux devient une réalité. Pourtant, tout n’est pas si sombre car la désunion engendre souvent la ré-union.

Laurène Mazier. Photos : Anema. 

Flash Back. Installation avec papa et maman à La Réunion en février 1989. Divorce de papa et maman : l’année suivante. Bienvenue à l’île de la désunion !
En 2015. Tous les couples de nouveaux arrivants connaissent la chanson. Avant leur arrivée, pendant l’installation et à chaque nouvelle rencontre :

« Ah vous êtes là depuis six mois ? Attention, vous savez ce qu’on dit et bla et bla et bla ».

Mieux vaut être prévenu, le couple qui s’installe à la Réunion, doit être solide.
C’est triste mais c’est une réalité. Regardez autour de vous. Faites le tour de vos amis, vous êtes peu-être vous même concernés. Ce qui est plus fou encore, c’est que lorsque l’on grandit ici, comme votre serviteur, on est habitué à une toute autre réalité. En effet, dans la société réunionnaise, les couples résistent aux années. Des exemples ? En veux tu en voilà : il y a ces deux là qui se sont rencontrés à l’école primaire, ils sont toujours ensemble, ils ont même deux marmailles. Et puis, ceux-ci qui fêtent leurs 15 ans, ils se sont mis ensemble au lycée ! Mais alors bon sang, si en matière de couples, les Réunionnais et autres Zoréoles sont exemplaires, pourquoi les nouveaux arrivants payent-ils un si lourd tribut !?

Le voyage Sparadrap

Alors que certains considèrent que faire un enfant peut recoller les morceaux, d’autres s’imaginent que le dépaysement peut en faire autant. Prendre un nouveau départ, ensemble, sous le soleil d’une île intense. Fuire, main dans la main, le train-train du quotidien et les conflits de ces vies à deux. Nathalie Bost est thérapeuthe famillial, conjugal et individuel. Elle connaît bien ce genre de cas :

« Parfois, ces couples se disent que le changement leur fera du bien… Or, il se peut que cette volonté de changement soit le désir d’un seul des partenaires. L’autre subit ce choix et forcémment cela va créer une situation de crise et de conflit, l’installation et l’intégration va mal se passer et aboutira à la séparation».

D’autant, qu’ici les échapatoires sont restraints. Les potes de toujours ne sont pas à portée de main, la famille non plus. Pour sortir, il faut prendre la voiture, rouler, rouler et puis, pour aller où finalement ? Difficile de reconstruire sur des ruines même à 10 000 kilomètres.

Allons planer ensemble !

« Des problèmes dans mon couple ? Jamais. Nous sommes venus ici parce qu’on en avait envie ! », se souvient Eloïse, 34 ans.

Cela fait 5 ans qu’elle habite à La Réunion. Elle et son mec sont prêts pour cette nouvelle vie qu’ils ont choisi à deux. Six mois plus tard, elle tombe amoureuse d’un autre. Bim. C’est la désunion,
retour au bercail pour le Grenoblois. Eloïse analyse avec objectivité cette séparation :

« On ne connaissait personne, nous n’étions pas en collocation et donc, il a fallu beaucoup sortir pour se faire de nouveaux potes. On voulait s’intégrer ».

Volley-ball sur la plage, concerts, barbeucs, apéros, soirées… Les meilleurs moyens pour rencontrer du monde. Mais attention, il existe à l’île de la désunion un sport national : le planage. Une sorte de plan cul en plus romantique.

« Je suis tombée amoureuse de l’une de ces nouvelles têtes. On a plané ensemble, j’ai craqué. Je l’ai dit à mon mec de l’époque, il m’a quitté ».

Notre thérapeuthe propose un autre éclairage sur la question de l’intégration : « l’un des partenaires peut ressentir le besoin de sentir réellement intégré à l’île de La Réunion. Cela peut impliquer qu’il faille quitter l’autre pour une personne plus famillière à cette terre d’accueil ».

Sûr que face à ce métissage merveilleux, votre blonde ou votre joli brun, peut vous paraître bien fade d’un coup.

L’île de la tentantion

On vous épargne le couplet sur les femmes sont plus belles, les femmes sont plus chaudes à La Réunion et elles sont plus féroces. Oui c’est vrai. Les Réunionnaises sont belles, oui elles ont chaud parce qu’il fait chaud ! Et oui, les Réunionnaises peuvent être attirées par les beaux zoreilles tout frais. Mais tout ça, c’est très années 90 ! Aujourd’hui, la donne a changé. Illustration avec Anthony. A 29 ans, il est arrivé il y a six mois avec Lucie, sa petite-amie.

« Je ne dis pas que les Réunionnaises ne me lancent pas des regards intéressés. C’est arrivé, mais à chaque fois, elles ont compris qu’il n’y avait pas moyen et ça s’est arrêté là. Je ne peux pas en dire autant de certaines métros. Je les trouve beaucoup plus dans la séduction, elles n’ont pas froid aux yeux ».

Ce n’est pas Lucie qui dira le contraire.

« La dernière fois au bar, que je sois là ou pas c’était pareil ! », s’amuse la jolie brune.

Pas de quoi mettre le feu aux poudres entre les amoureux.

« Evidemment, on nous a prévenu, mais nous sommes un couple soudé, ça ne nous fait pas peur. On préfère en rire. Et puis, La Réunion n’est qu’une étape dans un long voyage que l’on a prévu de faire cette année », conclut Anthony.

Le moment de la ré-union

Une fois devant l’évidence, pas question de se morfondre. En effet, lorsque l’île de la désunion a eu raison de votre couple, mieux vaut se dire que c’était le test ultime et que finalement, on est mieux seule que mal accompagnée. Ce fut le cas pour Jessica. A 30 ans, cette Bretonne vit à La Réunion depuis plus d’un an. Son copain de l’époque, arrive en août, elle le rejoint deux mois plus tard. Leur relation ne tiendra le coup que deux mois de plus.

« Avec le recul, je me dis que c’était prévisible ».

La jeune femme décide de rester ici, elle a déjà trouvé du travail de toute façon.

« Célibataire, j’ai fait pas mal de rencontres mais ces hommes ne proposaient jamais rien de plus que des aventures…».

Et puis un jour de juillet 2014, Jessica rencontre Mickaël grâce à des amis. Il est réunionnais, il a 23 ans et elle craque littéralement pour le beau Kaf Malbar. Un coup de foudre partagé par le jeune homme.

« Au départ, j’appréhendais beaucoup notre différence d’âge ».

Mais Jessica réalise que le Réunionnais assume cette relation comme un homme mature.

«Il n’a pas peur de s’engager. Je trouve cela très agréable car il y a une vraie différence de comportement avec les hommes métropolitains. Ici, j’ai le sentiment que les relations sont prises plus au sérieux, un peu à l’ancienne quoi ».

Jessica et Mickaël sont amoureux, ils vivent ensemble depuis huit mois. Ils symbolisent une nouvelle génération de couples mixtes. Une Cafrine avec un Zoreil, quoi de plus banal ? Mais une Zoreille avec un Créole, ça ne courait pas les rues il y a encore quelques années. Aujourd’hui, ça devient monnaie courante et, aux vues des regards amoureux de Jessica et Mickaël, c’est tant mieux ! Alors mesdames, séchez vos larmes et bienvenue à La Réunion !

0 comments on “Île de la désunion… Bienvenue à La Réunion !

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :